Porsche 968 Turbo S
Dans le but de faire homologuer la 968 en championnat GT, Porsche décide en 1993 de produire une cinquantaine d'exemplaires très particuliers à moteur turbo, conçus par la division compétition du centre de recherches de Weissach. Les fans nostalgiques de la 944 Turbo jubilent déjà, rien qu'à la lecture de la fiche technique impressionnante de ce nouveau bijou. Presque aussi légère qu'une Club Sport, rabaissée de 20 mm, dotée de trains roulants réglés plus sportivement, d'un différentiel à glissement limité, d'un grand aileron réglable, des gros freins avant de la 964 Turbo et à l'arrière de la 944 Turbo Cup à peine masqués par les grosses jantes de 18" en deux parties, elle s'offre en prime le bloc rageur de la 944 Turbo à 8 soupapes. Réalésé lui aussi à 2990 cm3 comme sur toutes les 968, le 4 cylindres en ligne Porsche délivre ici son plus haut niveau de puissance et de couple, soit 305 ch et 51 Mkg à 3000 tr/mn ! Joli programme non ? Seul le prix, à la mesure du pedigree de la belle, a de quoi refroidir : 613 626 FF pour une 968, c'est beaucoup d'argent. Mais rappelons qu'à cette époque, la 911 Turbo 3L3 offrait, pour environ 100 000 FF de plus, seulement 60 chevaux supplémentaires... L'intérieur reste standard et quasi identique à celui d'une Club Sport, mis à part deux beaux sièges baquets qui proviennent de la 911 Carrera RS 3.6L. Le comportement de la voiture est toujours aussi exceptionnel mais plus vif et plus brutal dans ses réactions. Il convient aussi d'anticiper en tenant compte du temps de réponse du turbo. S'il était un chiffre à retenir, celui du 1000 m DA en 23,6 secondes serait le plus représentatif du potentiel explosif de cette 968 bien à part qui vous colle avec bonheur au fond du baquet ! Hélas, malgré toutes ses qualités, ce petit bijou de Porsche à moteur avant ne sera produite qu'au compte-goutte. De 1993 à 1994, seulement 14 voitures, sur les 50 exemplaires prévus de cette véritable bête de course en tenue de ville, sont sortis des chaînes de Zuffenhausen... autant dire qu'aujourd'hui, c'est bien la seule 968 qui puisse être considérée comme un collector !
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