Porsche 959
Dans les années 70, Porsche est sur la vague du succès : les succès commerciaux de la gamme deviennent mondiaux, et la compétition est un moyen pour Porsche de développer et d’exploiter tout le potentiel de ses autos. Afin de conserver sa suprématie et d’accroître sa notoriété, l’usine décide de développer un modèle afin d’entrer dans le groupe B qui allait remplacer la catégorie GT à partir de la saison 1986. Le projet est alors dévoilé lors du salon de Francfort en 1983 sous la direction de Roland Kussmaul, un des concepteurs du projet. Par la suite, Porsche dévoile en septembre 1985 une maquette sous l’appellation « Carrera Gruppe B » ; Il n’est pas encore question de 959, mais cette 911 version course est comparable à la 935. Conditions d’homologations obligent par la FIA, Porsche doit produire 200 exemplaires de son nouveau modèle en douze mois dont 10% pouvant être configurés en version compétition. Il est alors décidé de fabriquer des modèles adaptés à la route afin d’offrir à la clientèle un accès directe aux innovations techniques. Mais plusieurs évènements vont mettre à mal la naissance de cette 959. La complexité du modèle freine les mises au point. De même, les courses du Groupe B provoquent des dégâts humains et matériels causés par la puissance démesurée des autos (Formule 1 de la route frisant les 500 chevaux) et le comportement inconscient des spectateurs. Cette catégorie est ainsi interdite le 1er janvier 1987 par décision de Jean Marie Ballestre.
La 959 perdra ainsi sa raison d’être mais continuera à bien se vendre (à un prix bien inférieur au prix de revient…). Pour ne pas sacrifier tout le travail de dévelopement accompli et les investissements très importants engagés dans ce projet, Ferry Porsche et Peter Schutz décideront d’engager la 959 dans le Paris Dakar et de développer une version endurance sous l’appellation 961.
Malgré un destin avorté en compétition, la Porsche 959 reste l'une des toutes premières GT d'exception, capable de réunir en une seule voiture un caractère sportif et bourgeois. Porteuses de haute technologie, la 959 démontre ce qui était alors le summum des possibilités techniques offertes notamment par l'électronique. La 959 pouvait s'imposer tant à un usage routier quotidien, qu'à l'usage sportif le plus exigeant. Elle a repoussé les limites du grand tourisme pour une poignée d'acheteurs. Avec une série réduite de 230 exemplaires, 230 "supercars" comme on à l'habitude d'appeller de telles autos, la 959 se pose en collector parmi les fans de Porsche. C'est d'ailleurs sous le nom de "miracle de Weissach" que ce bolide est entré dans l'histoire.
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